Ottawa vue des Plaines Le Breton
Histoire des Plaines Le Breton
Cet endroit, d'abord le lot 40 du comté de Carleton, possède une histoire mouvementée. Son premier propriétaire, Robert Randall, un industriel bien financé, en fit l'acquisition initiale en 1809 lorsque la région n'est encore que région sauvage. Lorsque son empire commercial fit banqueroute, il fut encouragé par son avocat, Henry F. Boulton, de vendre le lot au Capitaine John Le Breton, un homme qui s'était distingué dans la guerre de 1812.
L'aspect intéressant de cette vente était que Lord Dalhousie (George Ramesay, neuvième Comte Dalhousie et gouverneur en chef des Canadas) voulait acquérir ces terres au nom de la Couronne. Le Breton aurait pu apprendre ceci durant un dîner chez Dalhousie, l'incitant à prendre le Gouverneur de vitesse. Quoiqu'il en soit, Le Breton réussit à acquérir le lot 40 avec l'aide financière de Livius P. Sherwood, un avocat respecté, avant la Couronne. Le Breton offrit au Gouverneur de lui céder son acquisition moyennant un profit substantiel de 2500 livres. Furieux, Lord Dalhousie non seulement refusa de lui acheter à son prix, mais l'accusa aussi d'abus de confiance. Le Breton devint immédiatement persona non grata dans les cercles du pouvoir, et ce pendant fort longtemps. La vente elle-même fut déclarée légale au cours de subséquents exercices de Droit. Le Breton pour sa part tenta sans relâche d'intéresser des acheteurs aux parcelles de son lot, visant surtout les citoyens des classes aisées. Il réussit au fil des ans à vendre certains lots, mais ce sera surtout la génération suivante, notamment ses cinq nièces, qui profiteront de la vente de terrains.
Ces évènements auront un impact direct sur le développement de la ville d'Ottawa. Si Lord Dalhousie avait pu ou voulu acquérir le lot 40, le canal Rideau aurait eu cet endroit comme point d'origine, au lieu du côté Est de la Colline Parlementaire; en effet, le lot 40 offre un chemin direct vers le Lac Dow, contrairement au site actuel qui détourne quelque peu le parcours du canal. Mais mis à part une réduction de la longueur patinable en hiver, ceci aurait pu grandement affecté le développement de la région. Très significatives auraient été les écluses qui auraient dû être construites au chutes de la Chaudière; elles auraient permis l'accès à tout l'aval de la riviève des Outaouais. D'un point de vue de conservation, il fut peut-être salutaire que Dalhousie ait été un homme fier!
Pour un récit animé et plus en détails de l'histoire des Plaines Le Breton, je vous réfère au livre An Acre of Time de Phil Jenkins.
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