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Pour
débuter Notes
de dégustation Sur la sellette
L’intellectuel du vin
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Cépages Bon jusqu’à la dernière goutte |
Amarone, Mi Amore L’Amarone
della Valpolicella fait classe à part dans le monde du vin. Sa personnalité
sans contredit extravertie et son incontestable puissance en font un vin
distinct et inimitable. On ne reste pas indifférent à l’Amarone… ceux qui
l’apprécient, en fait, l’adorent. L’Amarone
est le plus célèbre vin italien issu de raisins passerillés. Le passerillage est une
technique de vinification qui consiste à sécher les grappes de raisins dès la
cueillette (au début octobre), traditionnellement sur des nattes ou de la paille
(bien que de nos jours on utilise davantage de salles de séchage spéciales),
pour une période qui dure en moyenne 120 jours, selon le producteur et la
qualité de la récolte. Le passerillage permet aux baies de perdre une partie
de leur eau et, ainsi, de concentrer le sucre avant le pressurage des grappes
et la fermentation du moût. Par la suite, le vin vieillit tranquillement en
fûts de chêne (français ou slovène) puis en bouteille jusqu’à sa
commercialisation, généralement cinq ans après la vendange, bien que cela ne
soit pas obligatoire selon la réglementation italienne.
L’Amarone
est un vin viril, corsé, capiteux, charnu, riche et puissant, tirant au
minimum 14 % d’alcool et affichant souvent 15 % et même 16 %
d’alcool. Selon le degré de passerillage et le niveau d’oxydation cherchés
par le viticulteur, le vin peut être relativement sec; il porte alors le
terme « Amarone ». Toutefois, le vin peut également contenir une
dose marquée de sucre résiduel; dans ce cas, on l’identifie par le terme
« Recioto ». Dans un cas comme dans l’autre, ce sont des vins qui,
lorsque issus de millésimes favorables et vinifiés avec soin, peuvent
vieillir avec beauté sur plusieurs décennies. Historiquement,
l’Amarone n’a pas toujours reçu les éloges du consommateur ni celles de la
critique internationale, n’atteignant le sommet de sa popularité qu’en 1995.
Auparavant, on considérait en effet que l’Amarone était un vin doux
« manqué », dans lequel les sucres résiduels auraient fermentés par
accident, générant ainsi un vin non-sucré et amer, d’où le terme
« Amarone ». Il faudra attendre les efforts de visionnaires
italiens tels que Bolla, Bertani et Allegrini, à partir des années 1950, pour
mieux faire connaître la personnalité distincte de l’Amarone. Ce fut une
bataille de longue haleine, principalement à cause de son prix dispendieux,
imputable aux coûts élevés de production et aux faibles rendements (il est
illégal d’extraire plus de 40 % de jus), de même qu’à ses notes oxydées
et sa puissance alcoolique. L’Amarone
demande à être servi avec des mets relevés, tels qu’un ragoût de mouton, un
gigot d’agneau ou alors avec des fromages de type pâtes molles à croûte lavée
tels que l’Époisses, le Munster ou le Pont-Lévêque. Le Recioto, de par sa
sucrosité naturelle, peut facilement accompagner les desserts tels que les
tartes aux fruits (fraises, groseilles, bleuets) et les gâteaux aux épices. |
Dernière mise à jour : 22 octobre 2008