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Pour
débuter Notes
de dégustation
Sur la sellette
L’intellectuel du vin
Terroirs et appellations
Cépages Bon jusqu’à la dernière goutte
Clin d’oeil à nos cousins français! Vendanges à l’Ile Ronde (Québec) |
Cette page est la vôtre et celle de tous
les amateurs de vin. J’y afficherai vos questions, vos commentaires et vos
propres notes de dégustation. Vous pouvez me les faire parvenir en m’écrivant
à mmarquis@magma.ca. Question : Bonjour Marie-France. Juste pour te dire que nous avons été
agréablement surpris par ton coup de coeur rouge du 10 juin - Juniper
Crossing. Avec un « twist cap », j'avoue que j'avais un peu de
doute. Mais la surprise fut très agréable. Qualité/ prix ce vin est à mon
sens excellent. J'ignore combien d'heures tu investies dans ce site mais je
suis toujours heureux de te lire. Normand Réponse : Étonnant le Juniper
Crossing, n'est-ce pas? J'adore faire des découvertes comme cela, c'est-à-dire
des bouteilles qui livrent beaucoup plus que ce à quoi on s'attend. J’ai justement l’intention
d’écrire un petit article sur les bouchons de liège et les alternatives de
plus en plus utilisées. En gros, les vignerons utilisent de plus en les alternatives,
comme les bouchons de plastique et les capsules dévissables, à cause du taux
passablement élevé de vin bouchonné dû à la « maladie du bouchon »
qui affecte le liège. Il faut s'y habituer, mais les capsules dévissables ne
sont dorénavant plus synonymes de vin de pauvre qualité! Marie-France Question : Félicitations pour le site, j'aime beaucoup les informations que l'on
y retrouve. Ta chronique sur les Mas La Plana m'a plu énormément. Tout
récemment, moi et quelques amis ont justement participé à une verticale de
Mas La Plana que nous avons organisée. Voici les années que nous avons
dégustées : 1989, 1991, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000. Notre
appréciation des vos ce ressemble beaucoup. Mais je me demandais si tu avais
eu la chance d'essayer le 1999 et 2000 depuis ta dégustation? En fait de
groupe de dix que nous étions, cinq on préféré le 2000. Il semble beaucoup
plus du style nouveau monde que du vieux continent. J'aimerais bien connaître
ton avis? Daniel Réponse : Je n'ai pas encore eu
la chance de déguster le Mas La Plana 2000, mais j'ai effectivement ouvert
une bouteille du millésime 1999 il y a plusieurs mois. Tout comme vous,
j'apprécie beaucoup la plénitude, la générosité et la structure du Mas La
Plana. Le 1999 est encore très fougueux à cause de son jeune âge, mais il a
le potentiel de vieillir en beauté et de continuer à nous épater pendant une
décennie, sinon deux. Merci pour votre courriel.
Ça me fait toujours plaisir lorsqu'un amoureux du vin partage ses découvertes
avec moi!! Marie-France Question : Bonjour, j'ai lu votre article sur Internet concernant le salon des
vins de Montréal. Vous dites de vous contacter pour savoir comment se
procurer des vins en importation privée. J'aimerais avoir vos recommandations
pour des vins de garde en importation privée et comment se les procurer. Normand Réponse : Une fois que vous
avez identifié exactement le produit qui vous intéresse (nom de la cuvée, nom
et adresse du producteur, millésime), il y a quatre façons d'acquérir des
bouteilles de vin qui ne sont pas vendues par l'entremise de la Société des
Alcools du Québec (je présume ici que vous habitez au Québec, mais le même
principe s'applique dans les autres provinces où existe une société d'état
qui contrôle la vente d'alcool).
Dans la plupart des cas, on
exigera généralement que vous commandiez au moins une caisse de douze
bouteilles. La SAQ vous demandera d'effectuer un achat minimum de 150 $ par
fournisseur, basé sur le prix de vente en devise d'origine. Il est à noter que les
importations privées ne vous permettront pas d'acquérir du vin à meilleur
prix. En effet, d'une façon ou d'une autre, vous devez quand même payer les
taxes d'alcool étatiques, les frais de transport et les frais de
dédouanement. J'espère que cela vous aide.
Bonne chance dans vos démarches. Marie-France Question : Bonjour, à deux reprises et par hasard, j'ai eu l'occasion de boire
un vin qui m'a beaucoup plu dans 2 restos différents : Le pied de cochon et
Le bouchon de liège. Il s'agit du Pic-St-Loup, Clos Marie, L'Olivette 2004,
d'importation privée. Comment savoir qui importe ce vin ici, et m'en
procurer. J'ai beaucoup cherché dans la liste des vins des agences, sans
succès. Et dans l'avenir, si cela se reproduit... comment faire? France Réponse : Étant donné le grand
nombre d'agences au Canada, il peut s'avérer en effet difficile de trouver
celle qui importe le cru qui vous intéresse. Dans ce cas en particulier, la
meilleure façon reste de demander au propriétaire ou au responsable de la
carte des vins du restaurant. Il est possible qu'il/elle l'importe via une
agence, mais il est également possible qu'il/elle l'importe directement du
vigneron, ou qu'il/elle ait achetée une collection privée. Bonne chance! Marie-France Question : Un vin composé de 3 cépages est-il d’aussi grande qualité qu’un autre
fait avec un seul cépage? Doit-on plutôt choisir un vin avec un seul cépage? Murielle Réponse : Excellente question.
En bref, la qualité du vin n'est aucunement liée au nombre de cépages qui
servent à la production du vin. Le choix du ou des cépages est uniquement une
question de style. Marie-France Question : Votre site… Je le trouve
très intéressant et bien fait avec beaucoup de références. Je me demande
toujours pourquoi on s’acharne à marier vins et mets. Lorsque je bois un
grand vin, je le bois sans manger. Dernièrement, j’ai bu un Clos de Tart
1988, supposément passé date selon les connaisseurs. C’est un des meilleurs
vins que j’ai bu à date. J’ai déjà bu un Hautbrion 90, Latour en verticale.
Il me semble qu’il les dépassait tous. Dès que je m’aperçois qu’un vin est
très bon, je ne prends aucune nourriture. Je ne comprends toujours pas
pourquoi les gens s’acharnent à trouver des accords vins mets. Je trouve que
Chartier exagère un peu trop à mon goût. Qu’en pensez-vous... J’aime beaucoup
votre site et vos commentaires, on sent que le vin est une véritable passion
chez vous. Je le préfère à Crus et Saveurs. Réal Réponse : En voyant la liste
des vins que vous mentionnez dans votre correspondance, je constate en effet
que vous êtes amateur de très grands vins. Bien que j'apprécie beaucoup
lorsqu'un accord mets-vin est réussi, c'est-à-dire dès le moment où le mets
fait ressortir davantage les qualités du vin et vice versa, je partage
néanmoins votre opinion qu'un grand vin, tel que le Clos du Tart, n'a pas
besoin d'un mets pour le bonifier étant donné qu'il regorge déjà amplement de
complexité et de profondeur, particulièrement lorsqu'il a pu bénéficier d'un
nécessaire passage du temps. On dit que ça prend un(e)
passionné(e) pour reconnaître un(e) autre passionné(e) - je reconnais cette
même passion des plaisirs bachiques en vous qu'en moi. Je vous souhaite de merveilleuses
dégustations! Marie-France Question : Bonjour, une petite
question. J'ai des amis qui sont à se construire et, bien attendu, ils ont
fait faire des armoires et le fabriquant a eu l'idée de faire un petit
cellier de deux bouteilles de largeur « à la droite au-dessus de la
cuisinière ». Que pensez-vous de ça? Votre opinion serait appréciée
...Merci. Réponse : Si vos amis
cherchent à faire vieillir le vin sur une longue période de temps, c'est-à-dire
plus d'an un, il serait mieux que les bouteilles soient entreposées dans un
endroit à l'abris de la lumière, des vibrations, des fortes odeurs, de la
chaleur et des variations importantes et constantes de température. L'endroit
suggéré par le fabricant d'armoire n'est pas idéal à cette fin. Toutefois, si vos amis ne
cherchent qu'à entreposer de façon temporaire les bouteilles qu'ils ouvriront
sous peu, cette solution est convenable, en autant que le vin ne souffre pas
de la chaleur générée par la cuisinière. Marie-France Question : Bonjour, je désire connaître quel vin il faut servir avec une pintade
à l'antillaise (servie avec des fruits marinés). Merci de me guider dans mes
recherches. Denis Réponse : Les pintades aux
fruits exotiques (par ex., la mangue) se marient mieux avec les vins
blancs tels qu'un Côtes du Rhône blanc, un Tokay Pinot Gris alsacien ou un
viognier du Nouveau Monde. Les pintades aux fruits plus foncés (par ex.,
les pruneaux) s'accordent bien avec les vins rouges au centre
fruité, peu ou modérément corsés et peu tanniques, tel un vin
rouge de la Loire (Anjou, Saumur-Champigny, Chinon), un Bourgogne
générique ou un Barbera d'Alba (Piémont). Toutefois, les recettes antillaises
s'avèrent souvent très épicées : si c'est le cas avec votre recette,
allez-y plutôt avec un vin rouge tel qu'un Costières de Nîmes, un Côtes
du Rhône ou un merlot chilien. Marie-France
Question : Bonjour
Marie-France. Il y a longtemps que je pense à contacter quelqu'un qui connaît
bien l'univers du vin pour lui poser quelques questions. Et le hasard (merci
internet!) fait que je tombe sur vous. Pour ne pas trop vous déranger,
j'essaie de résumer rapidement le tout : j'ai trente ans, j'adore le
vin, je lis beaucoup sur le sujet, j'ai un énorme plaisir à le consommer et,
comme vous et Proust (hé! hé!), j'éprouve beaucoup de bonheur à faire des
« voyages olfactifs ». Voilà la question : depuis un an,
j'hésite parfois à laisser ma carrière pour me « lancer dans le vin ».
Mais quelles sont les possibilités offertes au Québec? Et je dois ajouter -
ce qui ne simplifiera pas vraiment la problématique - que j'ai horreur des
vendeurs, je suis un peu socialiste sur les bords et je crois que je ne
serais pas heureux dans un univers trop commercial. Que puis-je rêver de
faire? Merci de votre attention. NB. : J'ai parcouru votre site avec
beaucoup de plaisir. Vos descriptions m'ont semblé justes, raffinées et
évocatrices (j'aime bien aussi le fait qu'il n'y ait pas de SCORE - vive les
mots!). Alors, je vous dis bravo. Nicolas Réponse : C'est avec grand plaisir que j'ai lu
votre courriel : il dénote une réelle passion pour les plaisirs de Bacchus. Votre intérêt pour une seconde carrière
dans le merveilleux monde vinicole est tout à fait compréhensible étant donné
votre amour du vin. Les possibilités sont infinies et ne dépendent que de vos
aspirations. Ne sachant pas exactement ce qui fait vibrer vos cordes, je vous
suggère néanmoins quelques pistes d'exploration : - La
sommellerie : les sommeliers non seulement conseillent les clients sur
les meilleurs accords mets-vin, mais ils/elles sont également responsables de
bâtir la cave d'un restaurant et de développer la carte des vins. Il faut
toutefois aimer profondément le public et les heures de travail (il n'y a pas
beaucoup de sommeliers qui travaillent du lundi au vendredi de 9h00 à 17h00).
Détenir un diplôme en sommellerie aidera grandement votre carrière. - La
vente : Vous pourriez devenir conseiller vinicole à la SAQ. À la SAQ, il
faut toutefois commencer au bas de l'échelle, les heures sont parfois
irrégulières, le salaire peu attrayant et il faut aimer traiter avec le
public. Toutefois, vous n'avez pas besoin de formation spécialisée et, avec
les années, vous pourriez acquérir une expertise qui sera respectée de tous
les amateurs de vins de votre région. - La
représentation : Vous pourriez devenir représentant d'un groupe
commercial tels que LLC Vins & Spiritueux ou Southcorp Wines Canada. Les
représentants des groupes commerciaux font connaître les produits de leurs
clients (des vignerons) dans une aire géographique déterminée. Ils s'occupent
de relations publiques et organisent des événements vinicoles. Toutefois,
étant donné l'information que révélez dans votre courriel ci-dessous, il est
possible que vous trouviez ce métier un peu trop « commercial »... - La
communication : Vous pourriez devenir enseignant (dans une école de
sommellerie, par exemple) ou partager votre passion par l'écriture, soit en
publiant des articles sur le vin, en écrivant un livre, ou même en créant
votre site web sur le vin. C'est un domaine qui est fortement compétitif au
Québec (croyez-moi), mais avec de fortes habiletés en communication, des
connaissances très poussées sur le sujet et une détermination à toute
épreuve, il est possible de faire sa marque en communication. - Le
vignoble : finalement, mais non le moindre, vous pourriez vous
lancer dans la grande aventure du labeur dans un vignoble québécois. Les
vignobles emploient une diversité de professionnels, allant des maîtres de
chai aux représentants en marketing, sans compter la main-d'oeuvre manuelle
pour la récolte des raisins et l'entretien du vignoble. Si vous avez une
bonne tolérance au risque et êtes prêt à vivre de choux maigres pendant
quelques années, vous pourriez également fonder votre propre vignoble. Pour
explorer plus en profondeur l'option de travailler dans un vignoble
québécois, je vous suggère d'en visiter quelques-uns et de vous entretenir
avec le personnel et les propriétaires. L'hiver est le meilleur moment pour
approcher les vignerons car c'est la période de l'année la moins occupée pour
eux. À ce stade-ci, si vous n'êtes pas tout à
fait prêt à prendre une décision quant à votre seconde carrière, je vous
suggère de joindre un groupe de dégustation et de participer à leurs
activités. Cela vous permettra d'abord de parler à des gens qui partagent
votre passion et qui, peut-être, auront vécu l'expérience d'une des
professions / métiers ci-mentionné. Vous pourriez également vous impliquer
directement dans l'organisation d'activités vinicoles et ainsi explorer une
autre facette de ce merveilleux univers. Je vous souhaite bonne chance dans votre
aventure vinicole! Marie-France Question : Bonjour.
À propos de pineau des charentes, je voudrais savoir si c’est un apéro
exclusivement ou s’il peut être pris
comme digestif, où pourrais-je trouver un peu d’historique sur ce vin? Merci
beaucoup. Gérard Réponse : Le pineau des charentes est ce qu'on appelle
un « vin de liqueur ». Il provient de la région de Cognac en France et on
l'obtient en ajoutant du cognac âgé d'au moins un an au moût (jus de raisin)
en début de fermentation. La légende veut que le pineau des charentes ait été
produit pour la première fois, par erreur, en l'an 1589 par un vigneron qui
aurait oublié du jus de raisin frais dans un fût de chêne contenant un peu de
cognac. Bien qu'on serve traditionnellement le
pineau des charentes en apéritif, vous pourriez également le servir en digestif
ou avec un dessert peu sucré du genre assiette de fruits frais ou gâteau des
anges au coulis de petits fruits. Pour réussir votre accord mets-vin,
assurez-vous que votre dessert ne soit pas plus sucré que votre vin, sinon le
dessert subjuguera le pineau des charentes. Un pineau des charentes qui m'a
particulièrement plu est la cuvée vieillie 7 ans en fûts de chêne du Château
Montifaud. Je l'ai trouvé fabuleusement élégant, profond et équilibré. Il se
détaille environ 24 $ la bouteille. Pour plus d'information sur le pineau
des charentes, je vous recommande le site suivant : http://www.pineau.fr/. Marie-France Question : Bonjour,
je m'appelle Sandrine, je suis française et évolue dans le secteur viticole.
Je cherche à obtenir toutes les informations possibles sur le vin canadien et
québécois. Le but de ma recherche étant d'évaluer, au final, une possible
exportation de ma production de boutures de vignes certifiées vers votre
pays. J'ai fait de multiples recherches sur le net afin de trouver des
informations mais je n'ai toujours pas
trouvé ce qui m'intéresse le plus pour l'instant. En l'occurrence l'histoire
du vin au Canada. J'aimerais par exemple connaître les dates de plantations,
de récoltes, savoir si l'art du vin diffère de beaucoup avec la France dans
les dates ainsi que dans la technique. Je vous serais reconnaissante si vous
pouviez m'indiquer des adresses de sites pouvant combler mes lacunes ou bien
si vous êtes d'accord, peut-être pouvez vous m'éclairer sur la question.
C'est avec plaisir que je suis à votre disposition si je peux vous apporter
de quelconques informations concernant
le monde viticole français auquel je m'intéresse beaucoup. Je suis domiciliée
dans la région des Côtes du Rhône entre Tain l'Hermitage et Châteauneuf du
Pape. Peut être pouvons nous échanger des informations sur un secteur qui
nous est commun? Dans l'attente du réponse de votre part. Amicalement, Sandrine Réponse : L'histoire du vin au Canada est beaucoup
plus jeune que celle de votre pays et il n'existe pas autant de sources
d'information qu'en France. La production vinicole au Québec
(troisième zone viticole en importance au Canada) est encore très artisanale
et se concentre sur des vignes indigènes des familles vitis labrusca et vitis
riparia de même que sur des vignes hybrides (par exemple, maréchal foch,
seyval, cayuga, geisenheim) car celles-ci sont plus résistantes au froid que
les vignes de la famille vitis vinifera. Il faut toutefois noter que les vins
issus de ces vignes indigènes ne donnent pas les mêmes résultats qualitatifs
que ceux issus de vignes vitis vinifera. Les deux premières zones viticoles en
importance au Canada sont la Péninsule du Niagara (en Ontario) et la vallée
de l'Okanagan (en Colombie-Britannique), lesquelles bénéficient d'un climat
plus tempéré qu'au Québec. La production viticole de ces deux régions est
bâtie principalement sur des vignes de la famille vitis vinifera et donnent
des résultats de plus en plus intéressants au plan qualitatif, surtout grâce
aux investissements domestiques et internationaux de ces dix dernières
années. Étant donné que la presque totalité de
l'industrie viticole canadienne se situe au Canada anglais, la majorité des
sources d'information sont écrites dans la langue de Shakespeare. Vous
trouverez les principales sources d'information sur ma page web à l'adresse http://www.magma.ca/~mmarquis/Si%20mon%20site%20ne%20vous%20suffit%20pas.htm.
Vous trouverez des adresses supplémentaires sur la page http://www.magma.ca/~mmarquis/Le%20vin%20au%20Canada.htm. L'un des plus grands auteurs canadiens
sur le vin est Tony Aspler. Il a écrit un livre intitulé « Vintage
Canada » (3e édition, McGraw-Hill Ryerson), lequel est une excellente
source d'information sur les vins canadiens. Je ne crois pas qu'il ait été
traduit encore. J'espère que cela vous aide un peu. Marie-France Question : Les
WOW!, MIAM, OK et BOF... c'est basé sur tes goûts ou sur ton évaluation du
vin du producteur par rapport aux autres vins des autres producteurs de la
même région (ou de l'évolution du vin d'un producteur par rapport à lui-même
dans des années antérieures) ? Francis Réponse : Quelle excellente question! Un
dégustateur professionnel juge de la qualité d’un vin en utilisant plusieurs
facteurs d’évaluation, mais il/elle doit également prendre en considération
des éléments « externes » qui peuvent influencer son habilité à
apprécier [plus ou moins objectivement] le vin. Je m’explique. Il existe plusieurs critères
d'évaluation qui permettent de déterminer si un vin est bien fait ou non. Par
exemple, la persistance des saveurs en bouche, la qualité du fruit,
l'équilibre entre le fruit, l'acidité et les tanins (pour les rouges), le
niveau et la qualité des acides (pour les blancs et les rouges), etc. Ces
critères s'appliquent à tout type de vin, peu importe les cépages qui le
composent ou son appellation d’origine (une appellation est une aire
géographique productrice de vin plus ou moins grande, tels que Bordeaux,
Médoc et Margaux). Voici des exemples de questions que je
me pose lorsque j’analyse un vin :
Si la réponse est oui à toutes ces
questions, le vin est hautement recommandable et je lui accorde une bonne
mention telle que MIAM ou WOW! (là encore, la différence entre MIAM et WOW!
dépend de plusieurs facteurs tel que la structure d’ensemble du vin, son
élégance, la précision de ses saveurs, etc.). D’un autre côté, si le vin ne
rencontre que peu de ces critères, il ne se méritera qu’un OK ou s’il accuse
un défaut majeur (par exemple, s’il est trop acidulé ou s’il présente des
arômes non désirés, comme le vieux fromage), il se méritera la qualification
BOF. Ce qui est important de se rappeler,
c’est que l’appréciation d’un vin n’est pas une science exacte et reste dans
l’ensemble très subjective. Plusieurs facteurs externes peuvent également influencer l’objectivité du dégustateur ou son habilité à analyser le vin. Par exemple :
Ce dernier point est important. Certains
dégustateurs essaieront de vous faire croire qu’ils sont totalement objectifs
dans leur analyse. C’est faux et archi-faux! Il est impossible de mettre tout
à fait de côté nos goûts personnels : même les plus grands dégustateurs,
comme les Michel Bettane et les Robert Parker en sont conscients. L’important
est de reconnaître ses propres biais, ce qui permet au dégustateur d’éviter
certains pièges lors des dégustations techniques. Il faut également reconnaître que les
goûts personnels de tout dégustateur sont par ailleurs influencés par sa
culture. Cela explique pourquoi les Américains et les Australiens ont
tendance à favoriser les gros vins qui tachent, les Allemands aiment bien les
vins un peu sucrés, les Français apprécient une certaine subtilité dans leurs
boissons, etc. Ces « goûts culturels » sont à leur tour influencés
par divers facteurs, incluant les traditions culinaires des divers peuples,
mais cela est le sujet d’un tout autre article. Pour terminer, je crois qu’il est
important d’éviter le piège de comparer entre eux des vins de différentes
appellations. Je crois en effet qu’il est futile d’établir un parallèle
entre, par exemple, un Bordeaux et un Chinon, car ces deux vins ne sont pas
composés des mêmes cépages, leurs raisins ne poussent pas dans le même type
de climat, les vins sont vinifiés dans le respect de traditions vinicoles et
culinaires différentes, etc., etc. Il est donc normal que ces deux vins
exhibent des personnalités bien distinctes l’une de l’autre. D’ailleurs, avouons-le, cette diversité
propre aux appellations et aux cépages n’est-elle pas à la source de notre
plaisir en tant que consommateur de vin ? Cette diversité qui s’adapte à
nos préférences, à nos états d’esprit du moment et à nos choix de mets n’est-elle
pas à l’origine de notre émerveillement face à cette fabuleuse boisson ?
Comme il serait ennuyeux si tous les vins se ressemblaient, n’est-ce pas! Marie-France |
Dernière mise à jour : 13 septembre 2006